Comme promis, Emmanuel a fait un CR de la table ronde HEC Santé : « QUELLE EQUIPE POUR LA REUSSITE D’UNE ENTREPRISE DE BIOTECH AUJOURD’HUI ET DEMAIN ? ».
J’approuve à 100% les propos rapportés ici. Il serait aisément possible d’écrire 50 lignes de commentaires favorables sur chacun des points, enseignements ou conseils abordés par les intervenants. A lire par tous les porteurs de projet et dirigeants en biotech (voire investisseurs ?).
Compte rendu réunion HEC santé – Mardi 6 mars 2007
Les questions et sujets abordés :
- La constitution des équipes : le stratège et le scientifique. Quels profils ? Quelles complémentarités ? Expérience d’entrepreneurs qui ont réussi.
- Où trouver les complémentarités ? Qui peut aider ? Importance des pépinières et des - organismes d’aide au développement.
- Les rôles respectifs : les dangers à éviter. Vision des sociétés de conseil experts et des spécialistes du recrutement dans les biotechs.
- Qu’est-ce qui fait rêver les investisseurs ?En réalité, les échanges ont beaucoup tourné sur la façon de concevoir une équipe dans la biotech
Etaient présents :
• André Choulika, Cellectis
• Jean Francois Mouney, Genfit
• Gabriel Mergui, Directeur, Genopole International
• Pascale Altier, Responsable, Pasteur BioTop
• Virginie Lleu-Reboulet, Directrice, L2S
• Eric Verkant, Directeur Régional Adjoint, Oséo Ile-de-France Est
• Raffy Kazandjian, Président-Fondateur, Unicorn BioTutors (ancien VC)Petite synthèse des différentes réflexions
On entend souvent qu’un cadre senior issu d’une big pharma est indispensable dans la constitution d’une équipe de biotech (j’entends une biotech « médicament ») A mon grand étonnement, ce « lieu commun » a été très critiqué par les intervenants.
Ils ont invoqué plusieurs problèmes rencontrés parfois avec ce genre de profils lorsqu’ils rejoignent une start-up après 20 ans de service dans un grand groupe :
- Problème de taille de structure. Un grand groupe n’est pas une PME (avec notamment des exigences de gestion quotidiennes très différentes)
- Risque « d’occultation » de la personnalité du chercheur qui doit rester le pivot de l’équipe.
- Un cadre sénior n’est pas nécessairement un entrepreneur ni un leader maintenant la cohésion d’une équipe dans un environnement complexeLes profils séniors et expérimentés sont cependant grandement utiles et indispensables dans des phases plus avancées à des postes complexes :
- Internationalisation
- IP
- DAFJ’ai noté les interventions suivantes, parfois surprenantes :
- “Avec un bon projet, je préfère une équipe incomplète ou inexpérimentée que je vais pouvoir former et compléter à des “mercenaires” (sic) qui n’ont pas la boite dans les tripes”. Raffy Kazandjian
- « La complémentarité des équipes n’existe pas dans les projets jeunes. Ce qui doit exister et compter, c’est l’osmose (au sens de « fusion ») entre les personnalités et les compétences. (Jean Francois Mouney)
- « Un « jeune » (sic) développera plus facilement une relation de confiance avec le scientifique de l’équipe sans risquer de l’écraser » Pascale AltierLes autres conclusions seraient :
- le projet a autant, voire plus d’importance que l’équipe (On est loin de « the team, the team, the team »)
- le scientifique reste le pivot d’un projet et doit à terme s’entourer d’une équipe de spécialistes (IP, DAF, Business Dev, Compta…)
- Il y a de la place en France pour de nombreuses biotech axées sur les services ou la technologie plus que sur les médicaments.Enfin, sachez-le, il y a de « mauvaises » raisons de créer une biotech…
- Chercheurs qui n’ont « pas eu leur poste au CNRS » (A. Choulika)
- Scientifiques en mal de résultats ou d’adéquation avec la recherche de leur laboratoire (remarque de P. Altier)
- Scientifiques cherchant simplement à « financer leur laboratoire » [public] (G. Mergui)
- Risque de manque d’implication suite à une « greffe » sur un projet.Les dernières réflexions ont porté sur la difficulté de faire investir des business angels dans les biotech (à cause des capitaux importants à injecter), et de la relation conflictuelle entre les BA et les VC en sciences de la vie…
Bref : place aux « jeunes » et aux entrepreneurs, respect des fondateurs scientifiques (comme pivots des projets). Je laisse ces conclusions à votre appréciation…
A mon sens les VCs en biotech ne tirent pas les mêmes conclusions et ont souvent tendance à imposer des CEO extérieurs trop rapidement, ce qui menace l’équilibre des équipes et des projets en place.






Je rebondie sur la dernière remarque sur les Business Angels versus l’article sur “Faire danser le pied tendre au son de l’accordéon, ou comment plumer un fondateur de start-up” :
Il n’y a pas que le fait pour des Business Angels d’investir des sommes importantes. Nous avons encore en France des Business Angels qui ont des poches profondes.
Le problème principal réside dans le fait que les Business Angels ne veulent pas se faire broyer par les VC d’un coup d’accordéon lorsqu’ils montent dans le bateau. En claire, les Business Angels viendrons en nombre le jour où ils auront une plus grande sécurisation de leurs investissements…
Commentaire par Frederic — 9 mars 2007 @ 13h 27
Bonjour,
Qu’est ce aussi qu’un VC de qualité pour que la biotech de demain réussisse ?? la responsabilité des VC dans la réussite ou l’échec ??
Je trouve à la fois que le sujet et les intervenants très intéressants et de qualité. Toutefois, la table n’est pas représentative des véritables membres de la “dream team biotech” qui dirigent ces sociétés.
Il manque les représentants des fonds de capital-risque, qui très souvent siègent en masse au CA de ces boîtes et sont majoritaires au capital.
Il suffit de lire la définition de leur métier sur le site de Narcissima Partners par exemple, voire sur le site de l’AFIC, ou de regarder comment fonctionne une boîte de biotech pour se rendre compte que ce sont bien souvent certains fonds de capital-risque qui dirigent les sociétés.
Alors j’interpelle les acteurs du secteur pour se demander pourquoi des sociétés dans lesquelles ont été injectés plusieurs dizaines de M€, de M€ en subventions/aides en tt genre, comme ENTOMED, NEURO3D, IDM, CAREX, Hybrigenics, mais aussi DIATOS, FAUST (je remarque d’ailleurs que bien souvent “le plus beau le plus grand le plus fort de tous” est souvent présent au capital)… ont échoué totalement ou alors présentent de grosses difficultés pour se développer.
Je pose alors la question suivante à laquelle il faudra que nous arrivions à répondre à court terme pour que nous rattrappions notre retard:
Qu’est ce qu’un VC de qualité pour la réussite de la biotech demain ?? Tous les autres acteurs de la chaîne acceptent de se remettre en cause pour s’améliorer (entrepreneurs, fonds d’amorçage, pouvoirs publics…) à quand le partage de retour d’expérience des VC concernant des échecs flagrants de boîtes dans lesquelles ils étaient très majoritaires et qui ont englouti quelques centaines de M€ cumulés ??
D’ailleurs, Genfit et AB Sciences qui font partie des quelques grands acteurs de la biotech demain capabales de rivaliser au niveau mondial sont menés par des dirigeants de grande qualité, c’est indéniable, mais aussi qui n’ont jamais fait de place aux VC de la place dans leurs sociétés.
Faisons avancer le débat de ce côté là. La responsabilité des VCs dans la direction des boites est énorme après un ou deux grands tours de financement. A quand l’exercice d’humilité et de professionalisme permettant d’expliquer leurs grands échecs pour que le secteur puisse en bénéficier ??
Le secteur attend des réponses à ces questions cruciales et il est désormais important de reprendre chacun des ces échecs… Si les VCs ne le font pas, les entrepreneurs le feront à leur place.
David Béchard
Commentaire par David Béchard — 10 mars 2007 @ 13h 56
>> Flash Info Biotech a fait aussi un compte rendu de la réunion disponible sur leur site.
Leurs conclusions sont exactement les mêmes que les miennes (euh c’est heureux nous étions à la même réunion…)
Je suis tout à fait d’accord avec David sur le fait que les VC n’étaient pas suffisament représentés à la réunion.
Cependant si les VC ont beaucoup de pouvoir au sein des biotech, je pense qu’on ne peut pas leur attribuer l’échec d’un projet lorsque les raisons sont purement scientifiques.
La science est l’affaire des fondateurs. Beaucoup de biotech sont mortes car le projet scientifique n’était pas assez solide (ou en décalage avec le marché…)
Dans ce cas-la, le seul tort du VC est d’avoir mal jaugé l’affaire et d’avoir investi dedans.
Etes vous d’accord avec ses remarques ?
Commentaire par Emmanuel — 10 mars 2007 @ 19h 57
Compte rendu de la réunion également disponible sur
http://www.groupehec.asso.fr/vieasso_gpt_sante_318.php
Emmanuel
Commentaire par Emmanuel — 4 septembre 2007 @ 12h 34
Merci emmanuel pour ce lien
je cherche des infos sur ab sciences la start up qui monte qui monte
Commentaire par Elthon — 4 septembre 2007 @ 22h 48
Au regard des différents dispositifs législatifs récemment mis en place au bénéfice des BA, on peut se demander quel risque prennent les BA ? La question se pose en particulier pour les BA imposables à l’ISF et pouvant exploiter à 100 % le régime de réduction d’ISF (en sus des autres dispositifs)… Cela va sans compter sur la prochaine couverture de leurs investissements par OSEO Garantie !
Ceci dit, je suis preneur de toute explication me démontrant le contraire…
Commentaire par AnthonyH — 14 novembre 2007 @ 19h 02
Bonjour
-je voudré bien rentré dans la taem .:vc:. pour voir
et éseiller dsl je parle pas allemand ou englais je parle français je suis commème assé fort j’arrive a tuer des foit kelke bosse mé il y en a ki on 810xp et il me tue vu kil fon ke avec les bots mais moi j’en ai pas des bots(sur wolfenstein-énemy térritory) bon je vous ai tou dit donc j’aispère que vous avec bien lut mon méssage (a+) =)
Commentaire par ultymat — 28 mai 2008 @ 10h 45
Tres interessant ce post sur les Business Angels et sur la constitution d’une équipe de biotech.
Commentaire par Tiger balm — 7 novembre 2008 @ 10h 40