En guise d’introduction, je précise que je tâcherai de ne pas trop prendre position lors de la campagne électorale qui s’annonce. Si j’ai des opinions à défendre, je le ferai sur des blogs dont c’est la thématique. En revanche, je serai attentif aux propositions des candidats quant aux sujets couverts par mon blog : sciences, politique de recherche, politique de santé, biotechnologie, entreprenariat.
Pour commencer, je me doit de relever la vive critique des récents propos de Ségolène Royal. La démarche qui consiste a écouter les Français(es) est légitime et louable. Mais attention à ne pas répeter les conneries que certains colportent. Attention à ne pas fustiger la biologie ou la chimie par démagogie, pour reveiller les peurs et rassembler autour d’idées populaires et simplistes.
Voici ce qu’elle affirme dans une interview du Monde :
Le Monde : Vous êtes pour une maison de verre, transparence des partis, des entreprises, des familles même…
Non, car je suis pour le respect de l’intimité. (…) Il ne faut plus de mensonge officiel, de choses occultées. Les gens ensuite perdent la confiance dans les responsables politiques. La transparence doit être dans bien des domaines. Dans celui de l’environnement où là aussi on voit les mensonges sur les OGM, sur le nuage de Tchernobyl, sur la pollution, sur la dégradation de l’environnement et son influence sur le cancer du sein : on sait maintenant qu’il est lié aux insecticides et aux pesticides dans l’alimentation. Le jour où l’on dira l’ensemble des données liées à la protection du cadre de vie, pour que les citoyens s’en emparent…
et dans un extrait d’un article du Figaro :
“[il existe des] rapports sur la santé publique qui montrent qu’il y a notamment un impact (des OGM) sur le foetus.” (meeting du 16 septembre)
Elle propose « d’interdire les OGM en plein champ » et « une mesure de grâce pour les faucheurs volontaires ».
Ces affirmations concernant la cause des cancers du sein et les dangers des OGM pour les femmes enceintes sont malheureusement purement inventées et erronées.
Je comprends que de tels mensonges démagogiques perturbent certains au sein du PS, notamment le Député Jean-Yves Le Déaut qui organise chaque année les journées parlementaires sur les biotechnologies.
La réponse des agriculteurs est sévère.
Je crois qu’il faudrait que les cancérologues aussi montent au crénau afin de défendre les bonnes pratiques de prévention du cancer du sein.






C’est vrai qu’il n’y a pas de preuve définitive de l’impact des pesticides sur le cancer du sein, et même si c’était le cas, ce ne serait qu’un des facteurs intervenant dans ce type de cancer. Pourtant, peut-être que Ségolène se tient tout à fait au courant des publications scientifiques (quitte à aller un peu vite en besogne dans leur interprétation), notamment cet article http://www.mdrgf.org/pdf/NYAS_1076_765_777%20final.pdf publié en 2006 dans les Annales de l’Académie des sciences de New York :
The results indicate that women with breast cancer were nearly three times more likely to have worked in agriculture when compared to the controls (OR = 2.80 [95% CI, 1.6–4.8]). (…) Farming tended to be among the earlier jobs worked, often during adolescence. While this article has limitations including the small sample size and the lack of information regarding specific exposures,
it does provide evidence of a possible association between farming and breast cancer.
P.S On pourrait aussi critiquer les journalistes qui ne sont pas suffisamment (ne serait-ce qu’un peu…) au courant de ces questions scientifiques et laissent trop souvent dire des “bêtises”…
Commentaire par Enro — 27 novembre 2006 @ 12h 27
Enro,
Voici une article qui fait un constat intéressant.
Personnellement, je n’en aurais pas déduit que les pesticides dans l’alimentation de agriculteurs provoque des cancers du sein.
Je pense plutôt que S Royal s’est inspirée d’une étude qui constate que :
1) les eskimaux mangent des phoques qui ont des taux de pesticids très importants
2) les eskimaux ont une forte prévalence de cancers du sein
Mais là encore, je ne crois pas que l’on puisse tenir les propos que je rapporte.
Commentaire par Xavier — 30 novembre 2006 @ 5h 50