Bio - Tech - Business

Le blog de Xavier Quilliet sur les biotechnologies, les technos en général, la création d’entreprise, …


6 octobre 2005

Impossible de lever moins de 1 million !!

Allez voir cette note de Pascal Mercier. Il donne l’explication d’une de ces règles du jeune entrepreneur qui écrit son business plan : Il faut demander 3 millions d’euros en plusieurs tranches aux capitaux-risqueurs, même si on pense que 500 k€ devrait clairement suffire pour commencer.

Je le cite :

Un entrepreneur qui vient voir [le VC] aujourd’hui pour lever 300K€ est certain de perdre son temps. Et c’est normal. [Le VC] a passé un contrat avec ses souscripteurs : investir plusieurs M€ par ligne.
Par, contre, avec un grand beau projet techno un peu avancé et qui va devoir consommer pas mal de cash pour ecrire son histoire, [le VC] est la bonne personne.

Je trouve interessant de disjoindre la notion de petit montant de celui d’amorçage. L’amorçage sous-entend qu’il y aura d’autres tours de tables.

Je dois aussi mentionner cette autre note récente au sujet de l’amorçage. Elle émane de Christophe Chausson, qui fait le même métier que Pascal Mercier (et pour cause) :

Au fil des rendez-vous de présentation que nous organisons quotidiennement pour présenter nos clients entrepreneurs aux fonds de capital-risque, nous sommes frappés par l’absence d’appétence de la plupart de ces équipes pour les phases les plus risquées du capital-risque, celles de l’early-stage.
Or, seules les prises de participations en phase d’early-stage sont susceptibles de procurer des retours exceptionnels de type 10 fois ou plus.

L’autre problème de l’investissement de petit montant apparaît là : il est très difficile d’organiser la sortie sur une PME, surtout si l’on espère des multiples élevés alors que les durées d’investissement sont probablement de plus de 5 ans.

Le problème de l’entreprise qui a besoin de 500.000 euros de fonds propres, pas plus, est posé de façon encore plus cruciale.
Nous manquons vraiment d’acteurs capables d’investir 100 à 300 k€, qui accepte des due dilligences courtes, qui peut aider concrètement l’entrepreneur, et qui soit PATIENT.

Comment appelle t-on ce genre d’acteur d’habitude ? Ah oui, des business angels. Le mot est anglais, cela illustre bien que cette espèce n’existe presque pas chez nous.

Quelle solution économiquement viable, basée sur l’initiative privée, peut-on inventer pour apporter cette fameuse tranche de 200 à 500 k€ aux milliers de PME françaises qui ont besoin de renforcer leurs fonds propres pour aller vendre en Inde, pour racheter un partenaire Allemand, pour financer le fond de roulement nécessaire pour doubler ses ventes ?

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